Comment composer du tango - Composer Simplement

Comment composer du tango

Bonjour à tous, je suis Elie du blog Eliejazzpiano et aujourd’hui je vous ai concocté un article très complet afin que vous sachiez comment composer du tango, ou du moins mieux vous y connaître dans ce style fascinant et riche en histoire 🙂 .

Tout d’abord, nous passerons brièvement en revue l’histoire du tango ainsi que les principaux acteurs de ce style.

Ensuite, nous verrons ensemble les différents rythmes propres au tango, ainsi que comment bien les utiliser dans vos compositions.

Après ça, nous jetterons un œil à l’harmonie du tango, aux modes utilisés ainsi qu’au fameux « chan chan ».

Après avoir lu cet article vous aurez des bases solides afin de voler de vos propres ailes et composer vous-même vos tangos et, pourquoi pas, faire danser vos amis dessus 😉 .
Commençons sans plus tarder.

Petite histoire du tango

Avant de savoir comment composer du tango, il me semble utile de vous expliquer un peu son histoire, d’où il vient.

Quand on pense au tango, on a l’image d’hommes et de femmes bien habillés dansant de manière élégante et sensuelle dans de beaux salons. Pourtant, le tango tire ses origines des quartiers populaires, les conventillos, de Buenos Aires, où se trouvait la population pauvre d’Argentine de la fin du XIXe siècle. 

Dans ces quartiers et ports (le Rio de La Plata est un estuaire), on retrouvait des descendants d’esclaves, des paysans sans emploi suite à la révolution industrielle ainsi que des immigrés européens venus tenter leur chance en Argentine.

À cette époque, les hommes représentaient 75 % de la population locale. Ils se divertissaient comme ils pouvaient par les arts (musique, danse). Mais comme je l’ai dit un peu plus haut, ces hommes venaient de tous horizons. C’est ainsi que le mélange des cultures donna naissance à une nouvelle forme de musique et de danse : le tango (on retrouve par exemple des influences afro-cubaines, gitanes et italiennes).

À l’époque, c’étaient les voyous et les bandits qui dirigeaient la ville. C’était justement eux qui dansaient le tango. Il est bon de noter que leurs mouvements n’étaient pas tout à fait les mêmes que ceux du tango actuel (ils étaient plus explicites et connotés sexuellement) car à l’époque, le tango était dansé dans les bordels et les bals de rue par les mauvais garçons.

Un Orquesta típica se compose de deux bandonéonistes (qui jouent du bandonéon, instrument qui ressemble fort à l’accordéon), de deux violonistes, ainsi que d’un pianiste et d’un contrebassiste.

Note : il ne faut néanmoins pas oublier que le tango a vu le jour au niveau du Rio de la Plata. Ainsi, l’Uruguay a également eu son rôle à jouer dans le développement du genre. Il faudrait donc plutôt parler de « Tango Rioplatense » plutôt que de « Tango Argentin ».

Les rythmes du tango argentin

Présentation des différents rythmes du tango

Le tango est particulièrement réputé pour ses rythmes à la fois très dansants et compliqués. Notons qu’un tango s’écrit presque toujours en 4 temps. Découvrons à présent les trois rythmes principaux du tango argentin.

Le marcato

Le rythme « marcato » est << le >> rythme principal du tango argentin. Ce qui est paradoxal, c’est qu’on reconnaît directement un tango à ce rythme alors qu’il est au final très simple : il consiste simplement en 4 noires marquées (d’où le nom Marcato).

le rythme marcato sur un accord ré mineur

Le rythme marcato sur un accord ré mineur

Le síncopa

Le rythme « síncopa » est un autre rythme très intéressant, jouant un rôle primordial dans le tango.

le rythme síncopa sous sa forme la plus basique.

Le rythme síncopa sous sa forme la plus basique.

Il est intéressant de noter que ce rythme n’a pas qu’une seule forme. En effet, il peut être varié à souhait. Voici un exemple de variations du rythme.

Le rythme síncopa et ses variations.

Source : https://blog.oup.com/2016/05/ten-things-you-didnt-know-about-argentine-tango-music/

Le rythme 3-3-2

Passons à présent au rythme 3-3-2. C’est un rythme très particulier assez dur à ressentir au début car il est asymétrique et syncopé (temps faibles accentués). Un exemple en image sera peut-être plus parlant pour vous.

Comment utiliser ces rythmes

En tango, on n’hésite pas à utiliser deux voire parfois trois rythmes différents au sein d’un même morceau. En général, on retrouve une alternance « marcato » et « síncopa », comme dans le titre « El último café » (la version interprétée par Roberto Goyeneche).

Il arrive également que plusieurs rythmes soient combinés (un piano qui joue un « síncopa » au-dessus d’un bandonéon qui joue un « marcato »).

Un bon exemple de rythme 3-3-2 est le morceau « Libertango » d’Astor Piazzolla. Je vous ai trouvé une version live du morceau où les gens tapent carrément le rythme 3-3-2 dans leurs mains au début.

L’harmonie du tango 

La tonalité mineure

La plupart des tangos commencent dans une tonalité mineure, reflétant l’aspect sérieux de la danse. Les avantages d’utiliser une tonalité mineure sont la richesse des accords, l’utilisation de différents types de gammes (mineure mélodique, harmonique, etc.) ainsi que différents types de modes (le mode phrygien par exemple, sonnant très hispanique).

Les accords utilisés

Contrairement à d’autres genres de musique latine (comme la bossa nova par exemple), le tango n’utilise pas d’accords de jazz (des accords altérés etc.). L’harmonie du tango se rapproche donc plus de l’harmonie classique (on ne change pas de tonalité à tout-va, comme on pourrait le faire en jazz).

Le chan chan pour finir en beauté

Le chan chan est l’expression des deux dernières notes d’un tango, un V-I en fait (je pense que vous trouverez des explications plus détaillées sur la progression V-I sur ce blog 😉 ). Car, comme en harmonie classique, on termine généralement un tango sur la tonique.

Voici un exemple en image :

Un chan chan de tango

Un chan chan de tango

Analysons un peu ce chan chan : on retrouve bien un V-I mineur (je vous rappelle que le tango commence souvent en mineur, et l’harmonie classique veut que l’on termine le morceau dans la tonalité de départ). Aussi, j’ai mis un accent et un staccato sur les deux accords car c’est comme cela que terminent la plupart des tangos (cela a cependant changé avec Osvaldo Pugliese qui préférait faire le chan chan de manière douce).

Conclusion

J’espère que cet article vous aura plu 😉 et j’espère sincèrement que vous aurez appris des choses sur la composition du tango. N’hésitez pas à me faire part de vos retours en commentaire et à visiter mon blog, où je publie des articles dans le genre de celui-ci ainsi que mes compositions.

Je souhaite également remercier Bruno sans qui cet article n’aurait jamais vu le jour 🙂 .

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