Comment améliorer ses prods avec le gain staging

Comment bien du monde, j’ai appris beaucoup sur le mixage et la vie en home-studio.  Que ce soit pour créer son studio à la maison, apprendre le mixage pas à pas ou le mastering, il y a beaucoup de trucs à voir.

Une des choses les plus sous-estimées selon moi est le gain staging.  Souvent utilisé indirectement en mixage, je trouve qu’il est plus important lors d’une session d’enregistrement.  En effet, c’est ça qui va faire que le mixage en sera plus facile.

Donc, dans les lignes qui vont suivre, je vais vous parler du gain staging et surtout, comment bien l’utiliser, que ce soit dans un contexte d’enregistrement ou de mixage.

Ça mange quoi en hiver?

Tout d’abord, si vous ne vous rappelez pas trop de ce que peut être du gain, laisse-moi vous faire un rappel avec le compresseur.

En haut, c’était l’image du compresseur de base dans Pro Tools.  La roulette appellée Gain sert à compenser les dBs perdus lors de la compression.

Donc, voilà : en production musicale, le gain fait toujours appel au volume d’une piste.

Où je veux en venir avec cette histoire de gain staging?  En fait, c’est une étape qui s’apparente au contrôle de volume d’une piste ou d’un appareil.  

Ici, attention à ne pas confondre avec le volume justement!  En fait, le gain représente la force du signal arrivant dans l’appareil alors que le volume est la force de sortie de l’appareil.  Si je peux vous imager ça.

Source : Presonus

Le but du gain staging est d’avoir le son le plus propre possible dans une session de travail.  Par un son propre, j’entends une bonne gamme dynamique avec l’absence de bruit de fond et de distortion.  Parce que  comme vous venez de voir, le gain est la force d’entrée.  Donc, s’il y a du bruit de fond ou de la distortion, c’est un problème de gain.

Un gros défi?  Peut-être pour certains, mais il y a moyen de faire quelque chose d’efficace.

Contexte d’enregistrement et de mixage

Même si le gain staging se rapporte au volume, son utilisation peut être différente quand vous enregistrez ou que vous mixez.

Tout d’abord, si vous êtes dans un enregistrement, vous voudrez bien entendre l’instrument dont vous devez capter le son.  Par contre, si le signal d’entrée est trop faible, vous allez mal entendre et vous serez amené à monter le volume de vos moniteurs pour entendre le son.  Résultat : votre son enregistré aura une tonne de bruit de fond.

Toutefois, l’inverse n’est pas mieux.  Si vous décidez de blaster le préamp de votre carte de son externe, il y aura un écart très important dans la gamme dynamique (portée entre le RMS et le peak).  Ainsi, votre piste audio sera très près de la distortion numérique et la qualité sonore va diminuer.

Pour le mixage, ce sera sensiblement pareil.  Une piste enregistrée trop basse va vous demander de mixer à bas volume, qui peut ne pas s’agencer à la calibration dans votre studio.  Or, une piste enregistrée trop fort va constamment vous faire clipper à la distortion et vous n’aurez pas beaucoup de headroom.

Et non, dans ce cas, réduire le volume de la piste ne change pas tout!

Un niveau confortable

Maintenant que vous avez vu les problèmes liés au gain staging, vous vous demandez : Mais comme faire pour avoir un bon volume?

Selon la plateforme LANDR, un bon niveau de gain serait de -18dBFS pour le RMS et de -10dBFS pour les crêtes.  Il s’agit du standard recommandé dans les studios professionnels.  À l’air de peu, mais les dBFS (décibels Full Scale) dans le monde analogique ne sont pas les mêmes que dans le domaine numérique.  La beauté de la conversion!

Si vous enregistrez, ce sera important d’avoir un préamp car la plupart des microphones peuvent avoir un son faible.  S’il s’agit d’un condensateur, ce sera le 48V à allumer.  Toutefois, comme mentionné auparavant, mettre son préamp au fond n’est pas nécessaire une bonne idée car ça va repousser le bruit de fond et augmenter encore plus la gamme dynamique.

Mon astuce vécue : mettez le préamplificateur à 50-75% de sa capacité.  Si, après tout ça, le gain est trop bas, ajoutez un plugin de gain sur ta piste pour atteindre un RMS de -18 dBFS.  En général, tous les DAWs possèdent un plugin de ce genre.

Et pour le mixage?

Il y a une explication pour le -18 à -10 dBFS en enregistrement.  Une fois rendu au mix, n’oubliez que tous la sortie audio des pistes vont toutes au master fader.  Sans un gain staging au début, ces tracks peuvent sonner très forts en plus de faire clipper dans la distortion numérique.

Pour faire un rappel sur le headroom, vous avez besoin d’un espace de 3 à 6 dB sur votre master avant de faire le mastering.  Sinon, vous aurez peu de jeu et le travail sera plus compliqué.

Alors, ça m’amène à également reparler de la balance de volume qui représente près de 80% du mixage.  Plusieurs vous diront de mettre un plugin de gain sur toutes les pistes avant de commencer à balancer.

Honnêtement, je n’adhère pas du tout à cette philosophie!  Probablement, parce que j’ai une mentalité minimaliste sur le mixage.

En fait, si toutes vos pistes sont à 0 et que ça fait déjà peaker votre master, faites une balance de volume à l’envers.

À l’envers?

Oui!  C’est ce que je fais quand j’ai une session avec beaucoup de pistes (20 et plus).  C’est très simple : 

  • Vous baissez tous les faders à 0
  • Vous mettez votre monitor d’interface audio à mi-chemin
  • Vous montez le volume d’une piste jusqu’à temps d’avoir un niveau confortable à l’écoute
  • Puis une autre
  • Puis une autre
  • Et vous continuez ainsi votre balance de volume!

https://youtu.be/fEHf57RoC4s
Un exemple parfait de balance à l’envers

Bien sûr, pas besoin si vous avez une petite session de 5 pistes dans votre DAW.  Mais c’est une astuce très bien et rapide.

Gain staging = règle absolue?

Oui, le gain staging est une étape important dans le mix et malheureusement, souvent négligée.  En enregistrement, il est important d’avoir un RMS d’environ -18 dBFS, ce qui est très bon.  Utilisez le préamp et le plugin au besoin.  Toutefois, si votre piste n’atteint pas ce nombre, ce n’est pas la fin du monde!

L’important reste ce que vous entendez.

En mixage, c’est pareil, mais c’est plus la structure de gain.  Visez un headorom de -6dBFS et vous serez prêt à passer au mastering.

J’ai appris le gain staging un peu à mon détriment car c’est vrai que je mixais très fort quand j’ai commencé et sans compter que je mettais mon préamp au maximum pour mieux entendre, mais ça me compliquait la tâche.

Mais quand vous comprenez les principes autour du gain, ça ne va qu’améliorer vos chansons.

D’ailleurs, écrivez-moi en commentaire ce que vous pensez du gain staging.  Et si vous aimeriez rajouter des choses dont je n’ai pas parlé, je suis ouvert.
Bon mixage!

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