La chose importante à faire pour le headroom - Composer Simplement

La chose importante à faire pour le headroom

Avez-vous vu la photo de couverture?

Image qui représente le headroom

Vous pouvez voir que je suis doué avec Paint!

L'ennui est que je me cherchais une image pour bien représenter le headroom.  Comme je n'en ai pas trouvé, j'en ai fabriqué une moi-même!  Commentez si vous voulez plus d'images faites sur Paint!!

Oui ok...  Passons aux choses sérieuses!  En mixage, une des premières erreurs à faire est de mixer très fort au point de frôler le point de distortion numérique ou pire, de le dépasser.  Alors, c'est important de se laisser du headroom, chose qui va être utile pour le mastering, dernière étape avant la mise en marché de la chanson.

À la fin de cet article, vous serez mieux informés sur la question du headroom et vous saurez comment faire pour bien réussir votre mixage.


Définition et rappel nécessaire

Avant de laisser de la place au headroom, il faut bien que vous sachiez c'est quoi!  Même s'il n'y a d'équivalent en français, on peut définir le headroom comme étant l'espace disponible entre le transient le plus fort et le zéro.  Un peu compliqué comme définition?  Je vais faire un petit retour en arrière.

Quand j'ai fait ma série de vidéos << Mixer en toute simplicité >>, je parlais souvent de rester loin du 0.  Regardons l'image ci-dessous : 

Ce que vous voyez est la gamme dynamique, qui se trouve à être l'écart entre le peak (transient le plus fort) et le RMS (niveau moyen de la chanson).  Donc, avec un peak à -8,1 dB et un RMS à -15,2, ça fait une gamme dynamique de 7,1 dB (15,2 - 8,1).  J'en parle beaucoup plus en détail dans mon article sur la compression.

Mais ce dont je veux attirer votre attention, c'est la partie au dessus du peak.  Le headroom est l'espace entre le 0 et le peak.  Dans l'image que je vous ai présenté, on parle d'un headroom de 8,1 db, ce qui est plus que respectacle.

Mais le problème est que plusieurs ingénieurs de son qui débutent ont tendance à se tenir trop près du 0.  Quand vient le temps du mastering, la conséquence de ne pas avoir de headroom est qu'on a peu de jeu pour venir corriger les imperfections sonores et on va se ramasser à clipper sans arrêt!


Loudness War

Je tiens à faire un parallèle sur la question de l'absence de headroom : la loudness war.  Pour vous mettre en contexte, je vous invite à regarder l'image ci-dessous.

L'absence de headroom dans un mix est souvent un résultat de la guerre de volume qui a attaqué l'industrie de la musique il y a quelques années.  Pour résumer ce concept, la loudness war laisse l'impression que << si ma chanson est plus forte, elle est meilleure que les autres >>.  C'est une des raisons pourquoi il y a eu une période dans les années 2000 où les albums remasterisés sortaient à n'en plus finir!  La preuve.

Comme vous voyez, c'est la même chanson de ABBA, mais beaucoup plus forte.  Est-ce que c'est mieux?  Pas nécessairement...  La raison pourquoi on peut penser que << plus c'est fort, mieux c'est >> provient du fait qu'un son fort (dans ce cas-ci, une musique) retient davantage notre attention et pour une courte période de temps.  

Donc, ceux qui débutent en mixage ont tendance à mixer fort parce que ça retient leur propre attention et c'est cool d'avoir autant de volume dans les oreilles.  Mais le volume va jouer sur leur objectivité et leur concentration quant viendra le temps de détecter les sons désagréables et ils se laissent emporter par le rouge qui indique une distortion.  

Aussi, à la longue, ça peut entraîner une fatigue prématurée des oreilles de votre audience et même manquer de puissance émotionnelle.


Que faire : commencer par bien mixer

Bon, comme j'en parle depuis tantôt, l'absence de headroom peut avoir des répercussions sur la qualité de votre chanson et compliquer la tâche de mastering.  Donc, dans les prochaines lignes, je vous présente des solutions pour palier au manque de headroom.  Tout d'abord, assurez-vous de bien faire votre mixage.  Je vous reposte ma série << Mixer en toute simplicité >>.  

Mais si vous voulez ça en quelques mots, voici une mini-marche à suivre :

  1. Organisation de la session en même temps que l'écoute
  2. Balance de volume
  3. EQ sur toutes les pistes
  4. Balance de volume
  5. Compression sur les pistes qui sortent moins du lot
  6. Nouvelle balance de volume
  7. Application des effets (ex. : reverb ou delay)
  8. Dernière balance de volume


Après ça, ce sont les étapes du mastering.  Mais en tout temps, surveillez votre niveau de volume dans votre DAW.  Si vous voyez un icône rouge s'allumer, la distortion numérique est présente parce qu'il n'y a pas assez de headroom

D'ailleurs, un de mes trucs (qui est plus logique que d'autre chose) est d'écouter votre chanson en regardant le master et identifier le moment le plus fort de la chanson et voir si ça distorsionne.  Si c'est le cas, travaillez dessus pour éviter la lumière rouge!

Lumière rouge = DANGER!!!

Lumière rouge = DANGER!!!

Le piège des basses fréquences

Même si je parle depuis plusieurs lignes des transients (peak) et de la relation avec le headroom, n'oubliez pas que les basses fréquences (250 Hz et moins) prennent énormément de place dans votre master.  C'est surtout le cas des low-bass (30 Hz et moins) qui, à défaut d'être bien entendues, vont être plus << ressenties >>.  D'où le fameux grondement (rumble) qui en découlera. 

Donc, durant l'étape de l'EQ, voyez à mettre un HPF sur la piste pour voir s'il y a trop de basses inutiles qui prennent de la place.  Une fois fait, vous pourrez vous concentrer sur les transients!


Ne pas se fier seulement au range standard

Je ne sais pas si vous avez consulté beaucoup de sites parlant de mixage et de headroom, mais si c'est le cas, il se peut que vous ayez vu une recommandation de 3 à 6 dB de headroomJe vous dis oui c'est bon, mais ce n'est pas infaillible.  Si vous finissez votre mixage après toute ma marche à suivre et que vous êtes à 12 dB de headroom, ce n'est pas la fin du monde! 

Si votre chanson sonne bien avant de passer au mastering, c'est ça le plus important!  Ne vous cassez pas la tête à vouloir booster vos pistes jusqu'à temps d'avoir 6 dB d'espace libre!

Aussi, dépendant du style que vous composez, il y aura des chansons où vous aurez tellement de pistes que vous serez dans le standard range de 3 à 6 dB.  Mais si vous avez seulement 4 ou 5 tracks, alors, oui, il y aura plus de headroom!  Donc, ça me ramène à l'importance de se fier autant à ses oreilles qu'à ses yeux!


Conclusion et étapes à retenir

Donc, j'ai parlé de beaucoup de choses et comme vous avez pu le constater, le headroom est à la fois méconnu et très important dans une session de mixage.

Le plus important que je peux vous dire est d'oublier la guerre de volume!  Le plus fort n'est pas nécessairement le mieux!  Ça fatigue vos oreilles et celles de votre audience sans compter que ça peut perdre du message émotionnel que vous vouliez passer à prime abord!  Donc, mixez comme vous le faites si bien déjà

Concentrez-vous sur les étapes essentielles (balance de volume, EQ, compression) et surveillez toujours votre master.  Si vous voyez une petite lumière rouge s'allumer, peut-être devriez-vous revoir la partie la plus forte de votre chanson afin de bosser la présence de headroom.

D'ailleurs, je vous pose la question : quelle place laissez-vous au headroom dans votre mix?  Postez-moi vos réponses!

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