La polyvalence en composition : pratique? - Composer Simplement

La polyvalence en composition : pratique?

Imaginez-vous dans Aladdin à frotter la lampe magique. Le fameux génie apparait! Cool, non? La croyance populaire des génies veut que vous avez droit à 3 voeux au total.

Comme vous êtes dans la musique, avez-vous envie de demander un truc comme : << Je souhaite pouvoir composer dans n’importe quel style de musique >> ? Si oui, avouez que ce serait le rêve!

J’y ai déjà pensé à demander ce genre de truc et à l’image de moi qui compose du rock, du classique, des pièces orchestrales style Hans Zimmer, du Hardstyle et du pop!

Par contre, ça me ramène à la réalité. Et ensuite, je me pose la question : peut-on vraiment être une pieuvre de l’écriture musicale? Dans le sens d’être hyper-polyvalent et à l’aise dans n’importe quel style.

Jack of all trades, master of none

Le titre que vous venez de lire est une expression populaire en anglais. La première partie (jack of all trades) est souvent vue comme un compliment car elle désigne quelqu’un qui arrange les choses et a des connaissances générales. Par contre, combiné à master of none, cela signifie que même si vous touchez à tout, vous ne maîtrisez rien.

Autrement dit, tout ce que vous connaissez est en surface. Rien n’est approfondi. Dans un contexte de composition musicale, ça peut toucher plusieurs niveaux :

  • les gammes que vous connaissez
  • les progressions d’accords que vous utilisez
  • les modes que vous appliquez le plus souvent
  • votre style musical (pop, rock, classique, électro, etc.)
  • votre matériel d’enregistrement
  • vos connaissances en mixage

L’ennui est que même si vous touchez à tous, il est certain que vous ne maîtrisez pas tout. À cause de ça, votre entourage peut vous regarder et dire : << Mais je pensais que tu étais un expert! Un génie de la musique! Un virtuose! Comment ça tu ne connais pas telle chose? >>. Parfois, ça peut vous amener à douter de vous-même et au syndrôme de l’imposteur.

Multipotentiel d’autrefois

Si vous êtes de la Génération Y comme moi, peut-être avez-vous déjà entendu des choses méprisantes comme : <<Les jeunes sont paresseux et indécis!>> << Dans mon temps, j’avais 8 jobs en même temps et j’avais plein d’activité!>>.

Je vais changer tout de suite de sujet avant que ça dénégère! J’ai cherché des exemples de grande polyvalence et je suis tombé sur cet article du blogueur Valentin Decker.

Léonard de Vinci (peinture, sculpteur, inventeur), Benjamin Franklin (écrivain, philosophe, homme politique et Elon Musk (entrepreneur de l’Intelligence Articifielle, Fondateur de Paypal et de Tesla). Pour ne nommer qu’eux.

Ça peut être bon d’un certain sens parce qu’on se lançe dans différents projets : compositeur, interprète, auteur, écrivain, producteur musical, arrangeur, techninien en mixage, en mastering, gérant d’artiste, etc.

Le blogueur Timothée Boussardon parle de multipotentiel les personnes qui ont la volonté d’apprendre de nouvelles choses et de se lançer. Par contre, ce sont des personnes qui s’ennuient vite car ils cherchent toujours une activité plus stimulante que l’autre. Le multipoteniel aime tout (ou presque).

Est-ce vraiment bon de toucher à tout?

Être polyvalent à ce point-là peut avoir l’air fantastique à première vue : jouer n’importe quel instrument, composer dans tous les styles, mixer, vendre ses albums. Mais ce n’est pas donné à tout le monde! Les exemples d’Elon Musk et Davinci ne représentent même pas 1% de la population mondiale.

Aussi, ça peut donner l’impression que vous vous cherchez car vous vous promenez de projet en projet. Continuellement. De plus, si vous êtes musicien et que vous avez une bonne base de fans, c’est que ces derniers vous apprécient pour ce que vous êtes et ce que vous leur donnez.

Si vous composez du rap et que vous prenez un virage RnB, je ne suis pas sûr que vos fidèles vont vous suivre à 100%… Au pire, certains vont partir et d’autres vont s’ajouter.

Trouver sa voie et devenir remarquable

Je ne suis pas en train de dire de rester dans un style et ne jamais évoluer. Chaque être humain aime faire avancer les choses à sa façon. Le choix vous appartient.

Ici, je vais m’inspirer des dires de Seth Godin : Pour sortir du lot, il faut devenir remarquable.

Comment? En trouvant sa voie? En optant pour la spécialisation. La règle des 10 000 heures est nécessaire pour devenir un expert dans votre milieu. C’est applicable autant pour la composition que le mixage que la production de musique.

Or, 10 000 heures, dépendant de vous, peut prendre des années à atteindre. À raison d’une heure par jour, on parle de 27 ans pour passer le cap des 10 000! Donc, se spécialiser peut être le travail d’une vie.

Alors, il vous faudra faire des choix parce que vous ne pourrez pas composer de la musique, sculpter, peindre en même temps.

La micro-spécialisation

Albert Einstein disait qu’avoir une seule spécialisation fait de nous une machine utilisable et non une personne à part entière. Aussi, il parlait de se former de façon générale et abstraite et après vous spécialiser. Est-ce que je me contredis? Absolument pas!

Parce qu’on s’entend, ne travailler qu’une seule compétence ne vous fera pas avancer. Il est indispensable d’avoir des connaissances de base dans votre domaine et ce, même après avoir choisi votre expertise.

Si vous lisez bien l’anglais, regadez ceci.

Ce T a été conçu par Brian Balfour, fondateur de HubSpot. Il a amené plusieurs dizaines de startups et est considéré comme un expert dans le domaine du marketing numérique.

Dans son T de l’acquisition client, il montre les connaissances de base (statistiques, programmation, psychologie bévihaorale), les fondations du marketing (Test A/B, copywriting, tunnel de vente) et les canneaux d’expertise (publicité Facebook, partenariats, création de contenu) pour finir avec la spécialisation en SEO et en PPC.

Si je peux appliquer ce modèle à la musique, je mettrai des compétences comme la théorie musicale, les accords, l’écriture de paroles, les structure, la composition de mélodie pour poursuivre avec la création de home-studio, l’enregistrement, les techniques de mixage, le mastering, pour terminer avec la promotion et la gestion de carrière, sans oublier le style de prédilection.

Soit dit en passant, il est impossible de maîtriser chacune des compétences. Mais il est très possible d’avoir des connaissances de base dans plusieurs compétences rattachées à l’écriture musicale pour faire de vous un musicien accompli!

Conclusion

À défaut d’avoir une lampe d’Alladin ou une baguette magique, vous avez tout de même les moyens de devenir un musicien polyvalent.

Peut-être que vous ne pourrez pas maîtriser toutes les compétences qui existent sur la composition musicale, mais vous pouvez certainement vous spécialiser dans un style et/ou une façade de l’industrie de la musique. Que ce soit, compositeur, arrangeur, auteur, interprète, technicien en mixage/mastering ou producteur, vous aurez tous les choix possibles.

Mais dans tous les cas, à défaut d’appliquer 10 000 heures dans TOUS les champs d’expertise, vous aurez moyen de les répartir et demeurez tout de même polyvalent.

Écrivez-moi dans les commentaires votre opinion sur ce sujet. Aussi, dans quel style êtes-vous spécialisé? Aussi, quelles compétiences de la musique avez-vous des forces? Qu’est-ce que vous aimerez améliorer?

Répondez en grand nombre!

Envie de partager votre opinion?

Jacques Joly

Article fort intéressant. Beau travail

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Mario

Belle analyse.
J’opte pour expertise dans un et un seul domaine. Je voudrais ameliorer mes compos en Jazz

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    Bruno L'Espérance

    Merci Mario. Excellent style! Le Jazz est un genre musical qui laisse place à beaucoup de liberté.

    Répondre
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