Comment vaincre le syndrôme de l'imposteur - Composer Simplement

Comment vaincre le syndrôme de l’imposteur

En développement personnel et notamment en confiance en soi, on parle à l’occasion du syndrôme de l’imposteur.  Peut-être vous vous demandez pourquoi je parle de ça et surtout, quel rapport ça peut avoir avec la composition musicale?


Plusieurs!  En fait, le syndrôme de l’imposteur peut être une des causes pourquoi certaines personnes ont de la difficulté à finir leurs chansons.  Pourquoi?  À cause du doute.  Vous doutez de vous-même et vous pensez que vous ne pouvez pas écrire une chanson dont tout le monde va se rappeller.  Le doute est très responsable dans ce cas-là.


Dans les prochaines lignes, je vais décrire le syndrôme de l’imposteur, comment le reconnaître et surtout, comment s’en défaire.

Mais qu’est-ce que c’est?

En premier, le terme << syndrôme >> est un peu fort parce que ce n’est en aucun cas une maladie.  C’est plutôt un mécanisme de défense psychologique au même niveau que la projection (projeter ses défauts sur les autres au lieu de reconnaître ses torts) et la rationalisation (trouver une raison à une émotion négative).


Le terme est assez récent car il a été abordé pour la première fois en 1978 par Pauline Rose Clance et Suzanne Limes, qui sont deux psychologues renommées.


Le syndrôme de l’imposteur, qui est aussi appelé syndrôme de l’autodidacte, se veut être une attitude où on est constamment dans un doute maladif.  On doute de tous  accomplissements personnels et professionnels en plus de rejeter le mérite lié à un travail accompli.  En fait, au lieu que vous soyez fier de recevoir un compliment ou d’avoir fini un objectif, vous attribuez le succès à des évènements extérieurs, comme la chance, le hasard et les relations avec les autres.


Une particularité du syndrôme de l’imposteur est justement de se voir comme un imposteur.  Vous pensez que vous allez vous faire démasquer un jour et que vous êtes un trompeur qui abusent des autres.  Vous sentez que vous n’avez pas votre place.  Dans un contexte de composition musicale, ça peut être une chanson que vous terminez et dont vous recevez des éloges.  Mais au lieu de les accepter, vous préférez dire que c’est parce que vous étiez bien entouré ou que vous auriez pu faire mieux.

Est-ce que vous vous reconnaissez?

Il est normal et naturel de douter de soi par moment.  Ça permet de nous corriger et de nous améliorer.  Ça peut être bon pour améliorer vos chansons à différents niveaux (mélodie, harmonie, hook, mixage).  Mais douter en permanence?  C’est toxique pour votre confiance en soi.

En doutant constamment de vos propres compétences, votre premier réflexe sera d’investir une trop grande énergie et beaucoup trop de temps de travail pour une tâche spécifique.  D’où la raison pourquoi vous pensez réussir à cause du temps alloué et non parce que vous êtes compétent.  À long terme, vous risquez l’épuisement professionnel (burn out).

Succès à trois réactions

Avoir un succès est très agréable.  Avoir une reconnaissance est très agréable aussi.  Il existe trois réactions différentes au succès.


La première est celle dite << normale>> : vous éprouvez de la fierté pour ce que vous avez accompli, vous êtes satisfait d’avoir atteint votre objectif, vous vous sentez efficace, compétent et vous prenez les félicitations.  Ça peut arriver si vous écrivez votre chanson et que le monde adore vraiment.  Alors, vous direz merci aux autres!


Ensuite, il y a la réaction du simili-syndrôme de l’imposteur.  Vous pouvez vous considérer dans cette catégorie quand vous faites preuve de modestie, d’humilité et que vous mentionnez votre forte implication.  L’humilité et la modestie sont des qualités tout à votre avantage car vous ne vous considérez pas comme parfait.  Mais faites tout de même attention si vous recevez des éloges et que votre réponse est : <<Je ne trouve pas ma chanson parfaite, mais merci quand même >>.


Finalement, il y a la réaction du syndrôme de l’imposteur.  Vous voyez surtout les aspects négatifs et ça vous génère de l’anxiété.  Vous dites merci, mais vous vous obstinez sur les éléments à retravailler de votre chanson.

C’est la faute de la société

Selon BME Business, savez-vous que près de 70% de la population souffrent ou vont souffrir du syndrôme de l’imposteur?  C’est quand même beaucoup.
D’un point de vue sociologique, comme cela peut s’expliquer? 

Selon le blogueur Nicolas Sarassin, une des causes principales serait le fait de vivre dans une société avec des valeurs individualistes.  Il est vrai qu’il est bon de se développer, mais parfois, presque tout est basé sur la compétition, la comparaison aux autres et la performance.


Un exemple?  Une compétition de musique où on doit choisir la meilleure chanson, se démarquer comme compositeur, être le plus performant et une vraie pieuvre en musique!  Ou des exemples de la vie commune serait de choisir le candidat le plus qualifié pour un emploi.  C’est toujours de la comparaison aux autres.


Qu’est-ce que ça laisse sous-entendre?  Que pour exister et être heureux en plus d’être reconnu, nous devons absolument être les meilleurs.  Et les meilleurs dans tout!


Dans la logique, ça veut dire qu’il faut avoir toutes les compétences pour réussir.  De ça découle les gens qui vont se lancer de tout bord tout côté pour essayer de tout apprendre et surtout de tout maîtriser.  Dans un contexte musical, c’est devenir un parolier exceptionnel, écrire des chansons telle une machine, mixer les yeux fermés, faire la promotion, les tournées et tout le tralala…  C’est pour cette raison que le syndrôme de l’autodidacte est le 2e nom au syndrôme de l’imposteur.  Parce qu’on veut tout apprendre par soi-même.


Mark Manson en parle dans The subtle art of not giving a fuck.  Il dit que l’accès facile à Internet permet également de voir des millions de photos et de vidéos de gens heureux qui ont tout pour avoir une vie supposément parfaite.  De ce fait, quelqu’un qui regarde ça va être à risque de se dire qu’elle est plutôt moyenne comparée à eux.  Donc, elle va se lancer dans toutes sortes de projets dans le but de juste devenir Superman et avoir une vie idéale.  Est-ce la réalité?  Non!

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Comment se défaire du syndrôme 

Maintenant que j’ai parlé de tout ce qui découle du syndrôme de l’imposteur, la vraie question à se poser est : comment s’en défaire?
Le but ici est de retrouver une confiance en soi et d’être réaliste sur sa vraie valeur.  Autrement dit, de savoir reconnaître ses compétences fortes et celles à améliorer.


Alors, posez-vous les questions suivantes :

  • Qu’est-ce qui me rend unique?
  • C’est quoi mes principaux talents?
  • Ce que je fais est-il en lien avec mon talent?

Ensuite, quand vous recevez un compliment pour votre chanson terminée, dites simplement : merci.  Aussi anodin que ça puisse en avoir l’air, ce mot est puissant pour la personne qui le dit et celle qui l’entend.  Donc, c’est un signe que vous commencez à vous approprier du succès.  Quitte à faire un dossier ou une liste de ce que vous avez accompli, ça va vous aider à reconnaître votre juste valeur.


Vaincre le syndrôme de l’imposteur, c’est aussi cesser de se comparer.  Tout le monde est différent et c’est correct.  Vous êtes bon dans plusieurs trucs et moyen dans d’autres.  Vous savez quoi?  C’est correct aussi.  


Personellement, je suis bon pour écrire des pièces émotives et calmes au piano et de manière orchestrale, mais si vous me demandez d’écrire des paroles ou de faire du métal, country ou techno, je sais que ce n’est pas ma force.


Vaincre le syndrôme de l’imposteur, c’est aussi admettre qu’on ne peut être bon dans tout.  Si vous voulez vraiment développer une compétence spécifique, commencez à vous renseigner, à expérimenter et à demander l’aide d’un mentor.  Vous êtes ici pour une raison, n’est-ce pas? 😉

Conclusion

Le syndrôme de l’imposteur est un comportement qui touche beaucoup de monde et aussi le domaine de la musique.  Si vous sentez que vous attribuez votre succès en composition à d’autres et non à vous, peut-être que vous vous reconnaissez.  Et à long terme, vous risquez le burn-out.


Oui, c’est causé par une société individualiste qui demande d’être bon dans tous (supposément), mais ça ne veut pas dire que vous devez vous lancer d’un bord et de l’autre pour suivre le mouvement.


Admettez que vous avez le droit d’avoir des compétences très fortes et d’autres à retravailler.  Mais retenez ceci : quand vous accomplissez quelque chose, c’est parce que vous êtes bon et que vous le méritez.  

Vous!  Pas un autre!


Donc, écrivez-moi dans les commentaires si vous avez aimé cet article.  Je pense que c’est important d’inclure le développement personnel dans la composition musicale.  Après tout, c’est un accomplissement!


Donc, avez-vous déjà souffert ou souffrez-vous du syndrôme de l’imposteur?

Envie de partager votre opinion?

izou

Très bien décrit.
Le merci tout court une méthode simple. Belle idée. Merci
Se questionner sur ses qualités, oui sauf qu’on les remet encore en question.
Un bon début de solution(s).

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    Bruno L'Espérance

    Merci à toi

    Parfois, douteur de soi permet de se recentrer sur ses priorités. Mais oui, ce n’est pas toujours agréable de vivre ça.

    Répondre
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